Notre prochain festival approche à grands pas !
Du 10 au 17 mars, nous vous proposons de vous (re)plonger dans trois décennies de cinéma français, depuis les années 30 jusqu'aux années 60, avec pas moins de 15 films au programme :
- Le Crime de Monsieur Lange – Jean Renoir -1936 - 1h15.
Avec : Jules Berry, René Lefèvre, Florelle.
Amédée Lange et Valentine louent une chambre dans un petit hôtel à la frontière belge. Les clients du bar se demandent si Lange n’est pas l’assassin que toutes les polices recherchent. Valentine leur raconte alors l’histoire pour qu’ils puissent juger par eux-mêmes. Histoire qui commence dans l’imprimerie de l’affairiste Batala, odieux avec tous, pourchassé par ses créanciers et qui disparaît dans un accident de train…
Le film est tout imprégné de l’esprit du Front populaire. Renoir choisit de l’exprimer sous la forme de l’affrontement des bons, des sympathiques, des généreux contre l’ignoble Batala campé par Jules Berry dans un rôle célèbre. Sur le scénario le plus militant qu’ait écrit Prévert, le film vante les mérites de l’autogestion. Renoir s’appuie sur une bande d’actrices et d’acteurs épatants pour communiquer une impression de vérité précieuse et inoubliable.
- Un carnet de bal – Julien Duvivier – 1937 – 2h00.
Avec : Marie Bell, Louis Jouvet, Françoise Rosay, Raimu, Harry Baur, Fernandel.
Christine de Guérande vient de perdre son mari. En fouillant dans ses affaires, elle retrouve le carnet de son premier bal, à seize ans. Elle décide de savoir ce que sont devenus ses cavaliers d’alors.
Connu comme le premier film à sketches réalisé en France, l’œuvre obtint le Prix du Meilleur Film Etranger à la Mostra de Venise de 1938, battant La Grande Illusion. Duvivier, par sa mise en scène virtuose, change de style à chaque épisode et distribue pour notre bonheur cinéphilique la fine fleur des actrices et acteurs de l’époque.
- L'Etrange Monsieur Victor – Jean Grémillon – 1938 – 1h43.
Avec : Raimu, Madeleine Renaud, Pierre Blanchar.
Sous le nom de Monsieur Victor se cache une double personnalité : celle d’un honorable commerçant le jour qui devient le chef d’une bande de voleurs la nuit. Menacé de chantage, il commet un meurtre et laisse accuser son voisin.
Un film « noir » demeuré maudit. Tourné en coproduction avec l’Allemagne à l’aube du conflit mondial, il fit une carrière éclair à sa sortie. Nous y retrouvons l’immense Raimu dont Orson Welles disait qu’il était le plus grand acteur du monde. A découvrir enfin.
- Fric-Frac - Maurice Lehmann et Claude Autant-Lara – 1939 – 1h45.
Avec : Fernandel, Arletty, Michel Simon.
Marcel est un brave employé de la bijouterie Mercandieu. La fille du patron rêve d’en faire son fiancé mais Marcel tombe sous le charme de l’aguichante Loulou, elle-même flanquée de l’insolite Jo, délinquant à la petite semaine. Il se méprend : Loulou est la régulière d’un dénommé Tintin. L’homme a besoin d’argent…
Film typique de ces adaptations de pièces de théâtre des années 30 qui faisaient la part belle aux acteurs. Le scénario est sublimé par le trio d’interprètes qui porte des dialogues savoureux mêlant le parler populaire au langage plus châtié. Pareillement incarnée, la comédie ne peut que réjouir le cœur des spectateurs.
- Ils étaient neuf célibataires – Sacha Guitry – 1939 – 2h05.
Avec : Sacha Guitry, Elvire Popesco, André Lefaur, Saturnin Fabre…
Soudainement publié, un décret menace d’expulsion les étrangers vivant en France. Opportuniste, filou, Jean Lécuyer décide de fonder un hospice pour vieux célibataires en vue d’attirer les femmes aisées contraintes de contracter, moyennant finances et dans l’urgence, un mariage blanc si elles veulent rester sur le territoire national.
Le résumé du film annonce la couleur : celle d’une fantaisie joyeusement cynique et amorale. Un vaudeville aussi amusant qu’invraisemblable, qui enchaîne situations cocasses et portraits hauts en couleurs. Une belle pléiade d’acteurs de l’époque est de la partie.
- Remorques – Jean Grémillon – 1941 – 1h30.
Avec : Michèle Morgan, Jean Gabin, Madeleine Renaud.
André Laurent, capitaine du remorqueur Le Cyclone, assiste avec son équipage à la noce d’un de ses marins. Il est appelé en urgence pour secourir les passagers d’un cargo dont Catherine, l’épouse du commandant. Alors que sa femme Yvonne lui dissimule sa maladie et voudrait le voir prendre sa retraite, André tombe follement amoureux de Catherine.
Remorques réunit le couple mythique du Quai des Brumes : Jean Gabin et Michèle Morgan. Cinéaste amoureux de la mer, issu du documentaire, Jean Grémillon tisse ici une symphonie de sentiments enchâssés dans la nature aux éléments puissants. Ce film contribua à façonner la légende de Gabin : son rôle le montre taciturne, fermé, puis émerveillé et déchiré. Commencé en juillet 1939, le film sort en salles le 27 novembre 1941, en pleine Occupation, après bien des vicissitudes de tournage et de production.
- Falbalas – Jacques Becker – 1944 – 1h52.
Avec : Micheline Presle, Raymond Rouleau, Jean Chevrier.
Paris, 1944, le monde de la mode. Un couturier, Clarence, don Juan impénitent, séduit Micheline, la fiancée de son meilleur ami. Tombant follement amoureux, il abandonne pour elle ses anciennes maîtresses.
Falbalas est d’abord l’étude d’un monde bien particulier. « J’ai voulu faire un film sur un milieu frivole comme la couture que je connaissais bien » déclarait Jacques Becker. Entre folie créatrice et désordre amoureux, la caméra circule, empruntant tantôt au réalisme (social, psychologique), tantôt à l’onirisme, aboutissant à une forme singulière de fantastique quotidien. Une rareté.
- Les Belles de nuit - René Clair – 1952 – 1h30.
Avec : Gérard Philipe, Martine Carol, Gina Lollobrigida.
Claude, musicien, souffre de la médiocrité de sa vie. La nuit, il se réfugie dans ses rêves au sein desquels, à diverses époques, il se trouve être un personnage respecté, entouré de femmes séduisantes qui se disputent son cœur. Mais peu à peu le ton de ces échappées oniriques change.
Le charme : tel pourrait être le mot qui définit le mieux ce film. Qualité impalpable qui se reconnaît quand on le voit et qu’avait plus que tous Gérard Philipe. Sa présence, sa voix, son aura sur scène comme à l’écran ont marqué toute une génération. Une œuvre où le quotidien banal se métamorphose en tableaux enchantés.
- Marie-Octobre – Julien Duvivier – 1959 – 1h35.
Avec : Danielle Darrieux, Bernard Blier, Serge Reggiani, Paul Meurisse, Lino Ventura…
A l’occasion du quinzième anniversaire de la mort de son chef de réseau Castille, une ancienne résistante, Marie-Octobre, sa maîtresse, réunit dans un château les membres de ce réseau. Le but : trouver lequel d’entre eux a trahi.
Duvivier tisse ici un huis clos dans une riche demeure, théâtre des interrogations et des questions en suspens, porté par une exceptionnelle distribution.Tour à tour, chaque personnage se trouve soupçonné. Remontent alors les doutes, les tiraillements, les fissures d’un passé compliqué quand il fallait faire face.
- Classe tous risques – Claude Sautet – 1960 – 1h50.
Avec : Lino Ventura, Jean-Paul Belmondo, Sandra Milo.
Gangster condamné à mort par contumace et recherché par la police, Abel Davos s’est réfugié en Italie avec sa famille. Après un hold-up, il demande l’aide de ses amis parisiens. Ils lui envoient Eric Stark. Les deux hommes se lient d’amitié.
Méprisé par la critique à sa sortie, Classe tous risques est un grand film noir sur le destin d’un homme, débarrassé du folklore de la pègre. Une épure faite de violence sèche comme l’étaient les séries B américaines.
- Un taxi pour Tobrouk – Denys de La Patellière – 1961 – 1h33.
Avec : Lino Ventura, Charles Aznavour, Hardy Krüger, Maurice Biraud.
Octobre 1942. A Tobrouk, un commando français fait sauter des dépôts d’essence allemands. Quatre soldats parviennent à s’enfuir et se retrouvent bientôt perdus en plein désert. Ils repèrent une automitrailleuse allemande et font un prisonnier.
Cinq protagonistes. Un huis clos à ciel ouvert. Les dialogues au cordeau de Michel Audiard justement célèbres. Succès public jamais démenti depuis sa sortie, le film a bien d’autres qualités : construction dramatique, caractérisation des personnages, évocation de la guerre comme donnée irréelle et pesante, maîtrise de la mise en scène. Les films qu’on croit connaître sont précisément ceux qu’il faut avoir la curiosité de revoir : au cinéma.
- Une femme est une femme – Jean-Luc Godard – 1961 - 1h28.
Avec : Anna Karina, Jean-Claude Brialy, Jean-Paul Belmondo.
La belle Angela semble être ignorée par son mari Emile. Elle veut un enfant, lui non. De guerre lasse, elle se tourne vers Alfred qui rêve d’une relation avec elle. Angela qui aime vraiment Emile imagine de le rendre jaloux…
Le triangle amoureux vu par Godard, sur le ton de la comédie – musicale, notamment. Autant dire une rareté dans l’œuvre de l’une des figures emblématiques de la Nouvelle Vague qui, avec ce film, détourne à la fois la couleur, le son direct, le scope. Michel Legrand est à la baguette pour la musique. Le trio d’acteurs est impeccable. Et comment oublier Anna Karina, la muse du cinéaste ?
- Le Mépris – Jean-Luc Godard – 1963 – 1h43.
Avec : Brigitte Bardot, Michel Piccoli, Fritz Lang, Jack Palance.
L’écrivain-scénariste Paul Javal mène une vie heureuse avec sa femme Camille. Un jour, un producteur américain lui propose de travailler à une adaptation de L’Odyssée réalisée par Fritz Lang. Peu à peu, son couple se défait.
La villa de Malaparte, la musique de Georges Delerue, la présence du maître du cinéma allemand, les statues sur fond bleu, la beauté de Camille, la séquence d’ouverture avec Raoul Coutard interrogeant la pratique et l’art du cinéma (une caméra filme une caméra) : tout a rendu inoubliable cette œuvre. Et nous permet de rendre hommage à notre plus grand mythe cinématographique : Brigitte Bardot, récemment disparue.
- Cléo de 5 à 7 - Agnès Varda – 1962 – 1h30.
Avec : Corinne Marchand, Dominique Davray, Michel Legrand.
Cléo attend les résultats d’une analyse médicale. De la superstition à la peur, de la rue de Rivoli au Café du Dôme, de la coquetterie à l’angoisse, de chez elle au Parc Montsouris, Cléo fait des rencontres qui lui ouvrent les yeux sur le monde.
« Cléo de 5 à 7, c’est un portrait de femme inscrit dans un documentaire sur Paris, mais c’est aussi un documentaire sur une femme et l’esquisse d’un portrait de Paris. Cléo découvre la couleur étrange du premier jour de l’été où tout devient possible », dixit Agnès Varda. Un cinéma de la vie, libre, inventif, allant dans la rue, affranchi des contraintes du studio, à rebours des codifications techniques et esthétiques qu’il engendrait.
- Voyage à travers le cinéma français – Bertrand Tavernier – 2016 – 3h10.
A travers ce documentaire, l’amoureux du cinéma qu’était Bertrand Tavernier nous invite à parcourir en de nombreux extraits de films, connus comme moins connus, notre patrimoine et fait œuvre de passeur de mémoire. Le passé n’est jamais passé, il irrigue notre regard et féconde la création présente comme à venir.
Les événements du festival :
- Mardi 10 mars à 20h (soirée d’ouverture) :
Présentation du festival.
Projection du film d’ouverture : Les Belles de nuit.
Cocktail de bienvenue.
- Jeudi 12 mars à 20h :
Intervention : « Cinéma et Front Populaire », par Francis Layac et Bruno Queyrie.
Projection du film Le Crime de Monsieur Lange.
- Vendredi 13 mars à 20h :
Projection du film Classe tous risques, avec présentation du film par N. T. Binh (membre du comité de rédaction de la revue Positif et auteur de nombreux ouvrages sur le cinéma) qui ré-interviendra après la projection pour un débat (questions-réponses) avec le public.
- Samedi 14 mars à 10h40 :
Projection du film Cléo de 5 à 7, avec présentation du film par N. T. Binh qui ré-interviendra après la projection pour un débat (questions-réponses) avec le public.
- Samedi 14 mars à 20h :
Concert chanson française interprété par le groupe Les Ratés de la Bagatelle (Dyna Gauzy et Yan Lacroix).
Projection du film Fric-Frac.
- Dimanche 15 mars à 10h40 :
Ciné-matin : projection du film Voyage à travers le cinéma français, en deux parties, agrémentée d’un brunch à l’entracte.
- Mardi 17 mars à 20h (soirée de clôture) :
Projection du film de clôture : Marie-Octobre.
Tombola et quiz avec nombreux cadeaux offerts.
Prix du public.